L’almanach

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Almanach ( du latin médiéval almanach, de l’arabe al-manāhlowdot, du syriaque I-manhaï, l’an prochain) : livre populaire publié chaque année et comprenant outre un calendrier, des renseignements astronomiques, météorologiques, scientifiques, pratiques, etc. 

La Cosmologie du Burger, c’est d’abord l’histoire d’un surgissement ; celui du magnétisme dans un lieu où rien ne laisse présager une quelconque pratique de soin. Cette irruption étrange et soudaine dans ma vie – et ce lieu en particulier – est le mouvement initial, le souffle premier qui a alimenté un fort désir de cinéma.

Mais avant qu’il y ait un film, il y a eu un long travail de recherche et d’écriture autour du magnétisme, des guérisseurs, de la radiesthésie, de la sorcellerie. Je parcours presque entièrement le rayon « sciences occulte » de la bibliothèque centrale de Montpellier, je me perds dans les méandres des sphères « médecine alternative » du net, je regarde des reportages de télévision et des documentaires douteux sur des sourciers et des coupeurs de feu. Mais je me plonge aussi dans l’histoire de la science que je parcours notamment à partir de la Renaissance européenne. En anthropologie, je découvre l’œuvre de Jeanne Favret-Saada sur le bocage de Mayenne et son monde des sorts et de contre-sorts.

A l’image du chaos qui surgit dans le snack, les recherches que j’entreprends vont dans tous les sens malgré tout le sérieux que je déploie, les notes, les post-it et coups de stabilo. Les récits et la structure autour desquels j’essaye d’axer le film se heurtaient à la brusque et frénétique nature du monde.

Ce film est aussi un regard personnel sur le Mont Ventoux et sa géographie rude, son climat violent et ses paysages grandioses dont la vie est rythmée par la cadence infernale de la saison touristique, qui le transforme chaque été en parc d’attraction pour touristes aisés.

Ce sont toutes ces recherches, lectures, prises de note que j’ai souhaité partager dans le livret qui accompagne le DVD et que je vous propose de retrouver ici en intégralité avec même quelques surprises.

Du soin au souffle vital

« Nos ancêtres, confrontés à la diversité des phénomènes naturels, ne pouvaient éviter de vouloir leur donner un sens afin d’en conjurer le sinon inquiétant chaos. Ils eurent d’abord, et pendant sans doute des dizaines de milliers d’années, recours aux esprits et aux divinités animant les sources, les océans, les volcans, le feu, le ciel, les orages, assurant la fécondité et, en réalité, s’occupant de toute chose. (…) La médecine naturelle est alors devenue très largement magique et religieuse, intégrant diverses […]

Le mesmérisme ou « magnétisme animal » : un mouvement culturel controversé au XVIIIe siècle

Au XVIIIe siècle en France, Franz Anton Mesmer, un scientifique autrichien charismatique et controversé va étudier et populariser ce qu’il appelle le « magnétisme animal » dans son ouvrage « Mémoire sur la découverte du magnétisme animal ». Une théorie qui s’appuie sur l’existence d’un fluide invisible à nos sens, qui pénètre l’univers tout entier et serait la cause réelle des différents phénomènes physiques. Ainsi, d’après sa thèse numéro deux, « un fluide universellement répandu et continu d’une manière à ne souffrir aucun vide, dont […]

Giordano Bruno, un cousin copernicien

La citation de Virgile dans l’Enéide au début du film a été emprunté au texte « De la magie » de Giordano Bruno. Au delà de l’homonyme qui a attiré mon attention, j’ai découvert l’histoire tragique d’un penseur critique du XVIe qui fut condamné pour hérésie et brûlé vif par l’Inquisition. Son crime ? Avoir clamé et défendu l’idée d’un univers infini. Ancien moine dominicain docteur en théologie, excommunié puis converti au calvinisme en Suisse, Giordano Bruno est ce que l’on peut appeler […]

Autour du Ventoux

Dans le portrait que j’ai dressé d’une Provence hivernale et ténébreuse, le Ventoux occupe une place centrale, presque en tant que personnage à part entière. Un mastodonte silencieux, immobile et inerte qui semble veiller sur les petites villes à ses pieds, sur les crêtes qui le ceinturent et sur les forets qui le coiffent. Si je me plaît à dépeindre et à imaginer le Mont Ventoux comme un massif sauvage, il n’en est malheureusement plus grand chose. La physiologie actuelle […]